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SONNET

Vincent VOITURE

Il faut finir mes jours en l'amour d'Uranie, L'absence ni le temps ne m'en sçauroient guerir Et je ne voy plus rien qui me pût secourir, Ni qui sceust r'appeller ma liberté bannie.

Dés long-temps je connois sa rigueur infinie, Mais pensant aux beautez pour qui je dois perir : je benis mon martyre, et content de mourir, je n'ose murmurer contre sa tyrannie.

Quelquefois ma raison, par de foibles discours, M'incite à la revolte, et me promet secours. Mais lors qu'à mon besoin je me veux servir d'elle ; Apres beaucoup de peine et d'efforts impuissans

Elle dit qu'Uranie est seule aymable et belle, Et m'y rengage plus que ne font tous mes sens.

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