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1910

VIEILLESSE COMMENÇANTE

Renée VIVIEN

C’est en vain aujourd’hui que le songe me leurre. Me voici face à face inexorablement Avec l’inévitable et terrible moment : Affrontant le miroir trop vrai, mon âme pleure.

Tous les remèdes vains exaspèrent mon mal Car nul ne me rendra la jeunesse ravie… J’ai trop porté le poids accablant de la vie Et sanglote aujourd’hui mon désespoir final.

Hier, que m’importaient la lutte et l’effort rude ! Mais aujourd’hui l’angoisse a fait taire ma voix. Je sens mourir en moi mon âme d’autrefois, Et c’est la sombre horreur de la décrépitude !

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