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1910

TERREUR DU MENSONGE

Renée VIVIEN

Oui, j’endure aujourd’hui le pire des tourments, Tu m’as menti… Tu m’as trompé… Et tu me mens !… Mensonge caressant qui glisse de ta bouche ! Ô serment que l’on croit, ô parole qui touche !

Ô multiples douleurs qui s’abattent sur vous Ainsi qu’un petit vent pluvieusement doux !… Comme un lilas ne peut devenir asphodèle, Jamais tu ne seras ni franche ni fidèle.

Tu seras celle-là qui se dérobe et fuit Plus sinueusement qu’un démon dans la nuit. Ô toi que j’aime encor ! L’horreur de ton mensonge Est dans mon cœur amer… Il me mord, il me ronge…

Je suis lasse d’avoir suivi les noirs chemins… Col frêle qu’on voudrait prendre entre ses deux mains !

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