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1908

SONNET IRRÉGULIER

Renée VIVIEN

Tu ne vieilliras point à mes yeux, ô très belle ! Jamais tu ne perdras ce rythme de ton corps Parfait et ressemblant aux plus nobles accords, Et tu demeureras dans mes yeux, éternelle.

En ce temps si lointain de ta beauté décrue, Je te verrai toujours comme aux temps de jadis, Virginalement blonde et longue autant qu’un lys, Telle qu’au soir lointain où tu m’es apparue.

Toi que j’aime, ne crains donc plus le temps futur, Ni le front moins laiteux, ni le regard moins pur, Ni, dans le sablier, le glissement des sables. Malgré l’aspect futur que tu revêtiras

Et les rides, et les rides inévitables ! Dans mes fidèles yeux tu ne vieilliras pas…

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