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1904

SONNET DE PORCELAINE

Renée VIVIEN

Le soir, ouvrant au vent ses ailes de phalène, Évoque un souvenir fragilement rosé, Le souvenir, touchant comme un Saxe brisé, De ta naïveté fraîche de porcelaine.

Notre chambre d’hier où meurt la marjolaine, N’aura plus ton regard plein de ciel ardoisé, Ni ton étonnement puéril et rusé… Ô frissons de ta nuque où brûlait mon haleine !

Et mon cœur, dont la paix ne craint plus ton retour, Ne sanglotera plus son misérable amour, Frêle apparition que le silence éveille ! Loin du sincère avril de venins et de miels,

Tu souris, m’apportant les fleurs de ta corbeille, Fleurs précieuses des champs artificiels.

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SONNET DE PORCELAINE · Renée VIVIEN · Poetry Cove