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1908

SONNET

Renée VIVIEN

Ne m’accuse jamais de mensonge, ô ma douce ! Je ne t’ai pas menti. Je ne te mens jamais. Je ne fus point toujours irréprochable, mais Cette accusation de toi, je la repousse.

Certes, je crains ta voix lorsqu’elle se courrouce. Je crains mortellement cette voix que j’aimais, La voix à qui je dois obéir désormais, Et lorsqu’elle a dicté, mon courage s’émousse.

Mais, sous ton clair regard qui pénètre les reins, Plutôt que de mentir, ô Douce que je crains ! Lorsqu’il fallait parler, je me suis abstenue. Je dis la vérité, comme au temps du trépas,

Et devant ton regard, voici mon âme nue, Devant ton clair regard qui ne pardonne pas.

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