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1901

SONNET

Renée VIVIEN

Ô forme que les mains ne sauraient retenir ! Comme au ciel l’élusif arc-en-ciel s’évapore, Ton sourire, en fuyant, laisse plus vide encore Le cœur endolori d’un trop doux souvenir.

Ton caprice lassé, comment le rajeunir, Afin qu’il refleurisse aux fraîcheurs d’une aurore ? Quels mots te murmurer, quelles fleurs faire éclore Pour enchanter l’ennui de l’éternel loisir ?

De quels baisers charmer la langueur de ton âme, Afin qu’exaspéré d’extase, pleure et pâme Ton être suppliant, avide et contenté ? De quels rythmes d’amour, de quel fervent poème

Honorer dignement Celle dont la beauté Porte au front le Désir ainsi qu’un diadème ?

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SONNET · Renée VIVIEN · Poetry Cove