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1901

SONNET

Renée VIVIEN

Elles passent au loin, frêles musiciennes. Leur présence est pareille à l’ombre d’une voix, Et leur souffle est dans l’air plein de légers émois, D’accords agonisants aux langueurs lesbiennes.

Elles vont enseigner, formes aériennes, L’harmonie et la règle aux rossignols des bois Et murmurent en chœur leurs amours d’autrefois, Aux sons luxurieux des lyres anciennes.

Leurs vers de passion pleurent au fond des nuits. Elles mêlent des vols, des frissons et des bruits Aux forêts de mystère et d’ombre recouvertes. Comme pour exhaler le chant ou le soupir

On les sent hésiter, les lèvres entr’ouvertes… Et le poète seul les entend revenir.

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SONNET · Renée VIVIEN · Poetry Cove