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1901

SONNET

Renée VIVIEN

Parle-moi, de ta voix pareille à l’eau courante, Lorsque en moi s’est lassé le souffle des aveux. Dis-moi des mots railleurs et cruels si tu veux, Mais enveloppe-moi de la phrase enivrante.

De ce timbre voilé qui m’attriste et m’enchante, Lorsque mon front s’égare en tes vagues cheveux, Exprime tes espoirs, tes regrets et tes vœux, Ô mon harmonieuse et musicale amante !

Et je t’écouterai comme on écoute un chant, Sans presque te comprendre et sans rêver… cherchant Sinon le frais oubli, du moins la somnolence. Car si tu t’arrêtais, ne fût-ce qu’un moment,

J’entendrais… : j’entendrais au profond du silence Quelque chose d’affreux qui pleure horriblement.

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