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1908

SONNET

Renée VIVIEN

Ah ! ne me blâme plus, mais blâme mon destin De tout ce que je fis de laid et de coupable ! Car lui seul enfonça mes pieds nus dans le sable Où je m’enfonce, avec nul secours du lointain.

Ne me blâme donc plus de ce regard hautain Qui pèse ma pensée et me juge et m’accable ! On a menti… Je suis le jouet de la fable, Et l’on raille en parlant de moi dans un festin.

Ton regard clair me trouble et me décontenance. Oui, je le sais, j’eus tort en mainte circonstance, Et, très piteusement, je rougis devant toi. Mais partout la Douleur m’a traquée et suivie.

Ne me blâme donc plus, chère ! console-moi D’avoir si mal vécu ma lamentable vie…

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SONNET · Renée VIVIEN · Poetry Cove