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1906

REFRAIN LASSÉ

Renée VIVIEN

Des parfums de cytise ont amolli la brise Et l’on s’attriste, errant sous le ciel transparent… Le soleil agonise… Et voici l’heure exquise… Dans le soir odorant, l’on s’attarde en pleurant…

Tu reviens, frêle et rousse, ô ma belle ! ô ma douce !… Comme en rêve, je vois tes yeux lointains et froids, Telle une eau sans secousse où le regret s’émousse… Sous leur regard, je crois revivre l’autrefois.

O chère ombre ! moi-même ai brisé mon poème… Je ne dois plus te voir, dans le calme du soir… Regarde mon front blême et sens combien je t’aime… L’ombre, doux voile noir, couvre mon désespoir…

Un rose inexprimable a fleuri sur le sable, Et tandis qu’alentour se fane le beau jour Je pleurerai, semblable à ceux que l’heure accable : « Seul n’a point de retour l’impatient amour… »

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