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1908

PETIT POÈME ÉROTIQUE

Renée VIVIEN

Et je regrette et je cherche ton doux baiser. Quelle femme saurait me plaire et m’apaiser ? Laquelle apporterait les voluptés anciennes Sur des lèvres sans fard et pareilles aux tiennes ?

Je le sais, tu mentais, ton rire sonnait creux, Mais ton baiser fut lent, étroit et savoureux, Il s’attardait, et ce baiser atteignait l’âme Car tu fus à la fois le serpent et la femme.

Mais souviens-toi de la façon dont je t’aimais… Moi, ne suis-je plus rien dans ta chair ? Si jamais Tu sanglotas mon nom dans l’instant sans défense, Souviens-toi de ce cri suivi d’un grand silence.

Je ne sais plus aimer les beaux chants ni les lys Et ma maison ressemble aux grands nécropolis Moi qui voudrais chanter, je demeure muette. Je désire et je cherche et surtout je regrette…

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