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1908

PENDANT QU’ELLE CHANTAIT

Renée VIVIEN

Sous tes doigts lents et doux naît la lente musique, Et mon cœur est pareil aux cordes sous tes doigts. Soumis, il accompagne et commente ta voix, Et comme eux il subit le servage rythmique.

En esclave, je sers le vouloir despotique De tes accents réglés selon les justes lois, Et je pleure, à ton gré, les baisers d’autrefois, À ton gré, je gémis et supplie et réplique.

Instrument dont l’écho se prolonge et ravit, Ô bois mort plus heureux que la bouche qui vit, Toi le confident cher des soucis et des fièvres, Obéis comme moi, le serviteur, l’amant !…

Pourquoi préfères-tu ces cordes à mes lèvres, Ô toi que j’aime, ô toi que j’aime infiniment ?

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