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1910

PÈLERINAGE

Renée VIVIEN

Il me semble n’avoir plus de sexe ni d’âge, Tant les chagrins me sont brusquement survenus Les Temps se sont tissés… Et me voici pieds nus, Achevant le terrible et long pèlerinage…

Je sais que l’aube d’or ne sait que décevoir, Que la jeunesse a tort de suivre les chimères, Que les yeux ont trompé… Mes lèvres sont amères… Ah ! que la route est longue et que lointain le soir !

Et la procession lente et triste défile De ces implorateurs que lasse le chemin. Parfois on me relève, une me tend la main Et tous nous implorons le Divin Soir tranquille !

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