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1910

PAYSAGE HOLLANDAIS

Renée VIVIEN

Voici que s’alourdit en moi le lourd malaise L’eau mauvaise pourrit dans le morne canal… Et je sens augmenter, dans mon cœur, tout le mal Ainsi que se pourrit, là-bas, cette eau mauvaise…

C’est l’impuissant ennui de mon regard lassé. La fièvre me surprend en traîtresse ennemie… Avec terreur je vois cette face blémie, Qui fut mienne pourtant dans les jours du passé.

Nul cher baiser ne vient surprendre enfin mes lèvres Et je n’espère plus secours ni réconfort. Cette tristesse est plus terrible que la mort… Que je hais cette eau trouble où s’embusquent les fièvres !

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