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1903

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Renée VIVIEN

Douceur de mes chants, allons vers Mytilène, Voici que mon âme a repris son essor, Nocturne et craintive ainsi qu’une phalène Aux prunelles d’or.

Allons vers l’accueil des vierges adorées : Nos yeux connaîtront les larmes des retours : Nous verrons enfin s’éloigner les contrées Des ternes amours.

L’ombre de Psappha, tissant les violettes Et portant au front de fébriles pâleurs, Sourira là-bas de ses lèvres muettes. Lasses de douleurs.

Là-bas, gémira Gorgô la délaissée, Là-bas, fleuriront les paupières d’Atthis, Qui garde en sa chair, savamment caressée, L’ardeur de jadis.

Elles chanteront les Grâces solennelles, Les sandales d’or de l’Aube au frais miroir, Les roses d’une heure et les mers éternelles, L’étoile du Soir.

Nous verrons Timas, la vierge tant pleurée, Qui ne subit point les tourments de l’Érôs, Et nous redirons à la terre enivrée L’hymne de Lesbôs.

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