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1904

LES LÈVRES PAREILLES

Renée VIVIEN

L’odeur des frézias s’enfuit Vers les cyprès aux noirs murmures… La brune amoureuse et la nuit Ont confondu leurs chevelures.

J’ai vu se mêler, lorsque luit Le datura baigné de lune, Les cheveux sombres de la nuit Aux cheveux pâles de la brune.

La fin balsamique du jour, Blonde de frelons et d’abeilles, Perçoit, dans un baiser d’amour, La beauté des lèvres pareilles.

L’odeur des frézias s’enfuit Vers les cyprès aux noirs murmures… La brune amoureuse et la nuit Ont confondu leurs chevelures.

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