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1904

LE LABYRINTHE

Renée VIVIEN

J’erre au fond d’un savant et cruel labyrinthe… Je n’ai pour mon salut qu’un douloureux orgueil. Voici que vient la Nuit aux cheveux d’hyacinthe, Et je m’égare au fond du cruel labyrinthe,

Ô Maîtresse qui fus ma ruine et mon deuil. Mon amour hypocrite et ma haine cynique Sont deux spectres qui vont, ivres de désespoir ; Leurs lèvres ont ce pli que le rictus complique :

Mon amour hypocrite et ma haine cynique Sont deux spectres damnés qui rôdent dans le soir. J’erre au fond d’un savant et cruel labyrinthe, Et mes pieds, las d’errer, s’éloignent de ton seuil.

Sur mon front brûle encor la fièvre mal éteinte… Dans l’ambiguïté grise du Labyrinthe, J’emporte mon remords, ma ruine et mon deuil…

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