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1903

LAMENTATION

Renée VIVIEN

L’été brûle, la voix des fleuves se lamente, La voix des sources pleure, et la voix des torrents Gémit, car le Soleil boit les flots transparents Et tarit la fraîcheur, de sa lèvre fervente.

Le voile virginal des neiges sur les monts Se déchire, et, là-bas, dans les forêts muettes, Le Soleil a pâli les pâles violettes, Les narcisses tournant vers l’onde leurs yeux blonds.

L’implacable Soleil, qui dessèche et tourmente, A flétri d’un baiser, parmi les longs iris, La grâce du printemps, l’éternel Adonis… L’été brûle, la voix des fleuves se lamente.

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