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1910

LA PROMESSE DES FÉES

Renée VIVIEN

Le vent du soir portait des chansons par bouffées, Et, par lui, je reçus la promesse des Fées… Avec des mots très doux, les elfes m’ont promis D’être immanquablement mes fidèles amis.

Mais n’attachez jamais votre âme à leurs paroles, Un Elfe est tôt enfui, souffle vif d’ailes folles !… Leur vol tourbillonnait, vague comme un parfum. Cependant tous semblaient obéir à quelqu’un.

La première portait sur son front découvert Une couronne d’or… Son manteau semblait vert. Et la couronne d’or, brûlant comme la flamme, Rayonnait au-dessus d’un visage de femme.

Malgré l’étonnement d’un cœur audacieux, Je ne pus endurer la splendeur de ses yeux… Car j’entendais un bruit d’étreintes étouffées… Aussi j’ai voulu fuir l’amour fatal des Fées…

Mais, devant ce bonheur mêlé d’un si grand mal, Ne regrettais-je pas un peu l’amour fatal !

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