Skip to content
1903

LA FLEUR DU SORBIER

Renée VIVIEN

Paré d’aigue-marine et d’onyx et d’opale, Le soir voluptueux sourit bizarrement, Et, goûtant à demi la saveur du moment, Nous regrettons tout bas une joie idéale.

Le couchant qui blêmit et rougit tour à tour, La campagne morbide et l’heure de tristesse Semblent nous reprocher d’avoir, ô ma Maîtresse, Accompli sans désir les gestes de l’Amour.

L’ombre vient consoler tes paupières meurtries. Les grappes de glycine encadrent tes bras nus. Les nuages, suivant leurs chemins inconnus, Ont l’essor nébuleux et blanc des Valkyries.

Ton regard sans lueurs paraît agoniser. Une phalène au vol supplicié se pose Sur la fleur du sorbier, d’un or pâlement rose Comme la fleur secrète où j’ai mis mon baiser.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LA FLEUR DU SORBIER · Renée VIVIEN · Poetry Cove