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1903

LA FAUNESSE

Renée VIVIEN

Ses lèvres ont ravagé les grappes meurtries Et bu le baiser rouge et cruel du Désir. Elle ne connaît point les blanches rêveries, Ni l’amour que les bras ne sauraient point saisir.

Ses regards ont fané la volupté des lignes, Les roses de la chair, le marbre des contours. Ses pas ont saccagé les vergers et les vignes, Et les vierges ont fui devant ses yeux d’amour.

Érôs l’agite, et Pan la sert et la protège. Parfois, elle s’éloigne, et, lasse de l’Été, Elle appelle les vents sans parfum, et la Neige Qui promet l’impossible et douce chasteté.

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