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1903

L’ODEUR DE LA MONTAGNE

Renée VIVIEN

Le soir, désaltérant la soif de la campagne, Coule, froidement vert comme un fleuve du Nord, Et voici que descend l’odeur de la montagne. Consolant la tristesse et ranimant l’effort,

La fraîcheur des sommets se répand dans la plaine. On voit de loin, jetant des flammes sur les fleurs, Le ver luisant et la luciole incertaine ; Et la bruine déferle, éteignant les couleurs

Et noyant d’infini les pâles paysages. L’or du couchant jaillit, tel le vin du pressoir, Et s’attarde, empourpré, sur les divins visages De l’Ombre et de la Mort, qui passent dans le soir…

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