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1904

INTERVALLE CRÉPUSCULAIRE

Renée VIVIEN

Tes yeux sous tes cheveux sont comme des poignées De rayons à travers des toiles d’araignées. Ton sourire d’été, que l’aube colora, Est pareil au sourire orgueilleux de Sara.

Mon regard s’hypnotise à cette fauve boucle Où le divin saphyr épouse l’escarboucle, Tes parfums indiens, tes onguents et tes fards Étonnent la candeur simple des nénuphars.

La haine de l’amour et l’amour de la haine Se partagent mon cœur et mon âme incertaine. La bienfaisante Mort montre d’un pâle index La colline lunaire où blondit le silex.

Au lointain s’exaspère et s’exalte un arpège. Je veux purifier mon âme dans la neige… Vois, plus belle que le puéril Adonis, Mourir Adonéa dans un linceul de lys.

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