Skip to content
1908

ELLE RÈGNE

Renée VIVIEN

Le soir était plus doux que l’ombre d’une fleur. J’entrai dans l’ombre ainsi qu’en un parfait asile. La Voix, récompensant mon attente docile, Me chuchota : « Vois le palais de la Douleur. »

Mes yeux las s’enchantaient du violet, couleur Unique, car le noir dominait. Immobile La Douleur demeurait assise, très tranquille. J’admirais l’unité de sa grande pâleur.

Mon cœur se resserrait dans un étau funeste, Et j’allais m’éloigner, lorsqu’elle me dit : Reste. Aussitôt j’entendis prolonger un sanglot. Dans la salle du trône, un clair de lune blême

Envahissait la nuit, comme un rocher le flot, Et la Douleur régnait, implacable et suprême.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
ELLE RÈGNE · Renée VIVIEN · Poetry Cove