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1908

CONTE DE FÉE

Renée VIVIEN

Une princesse attend, dans un cachot sans jour, Elle expie on ne sait quel criminel amour. On sait uniquement qu’elle est prédestinée. Elle est belle… Elle est jeune… Elle est l’Infortunée.

Cependant le malheur n’a point courbé son front. La nuit se fait… Bientôt les bourreaux entreront. Elle n’écoute pas alors que le glas pleure, Elle sait pourtant qu’ils entreront tout à l’heure.

Elle se voilera de ses profonds cheveux. Et les bourreaux diront simplement : Je le veux. Mais elle, détournant ses regards et sa bouche, Demeurera, sous leurs baisers, calme et farouche.

L’amour et les tourments la briseront en vain. Elle mourra, dans la hauteur de son dédain. Elle fut la puissante et la très adorée Et nul ne pleurera sur sa tombe ignorée.

On l’ensevelira dans la nuit. En tremblant Une femme mettra sur son cœur un lys blanc.

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