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1904

CHANSON POUR ELLE

Renée VIVIEN

L’orgueil endolori s’obstine À travestir ton cœur lassé, Ténébreux comme la morphine Et le mystère du passé.

Tu récites les beaux mensonges Comme on récite les beaux vers. L’ombre répand de mauvais songes Sur tes yeux d’archange pervers.

Tes joyaux sont des orchidées Qui se fanent sous tes regards Et les miroitantes idées Plus hypocrites que les fards.

Tes prunelles inextinguibles Bravent la flamme et le soleil… Et les Présences Invisibles Rôdent autour de ton sommeil.

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CHANSON POUR ELLE · Renée VIVIEN · Poetry Cove