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1904

CÉRÈS ÉLEUSINE

Renée VIVIEN

La nuit des vergers bleus d’acanthes, Des jardins pourpres d’aloès, Attend l’Évohé des Bacchantes Et les mystères de Cérès.

Dans le temple aux flammes païennes, Le soir, accroupi comme un sphinx, Contemple les Musiciennes, Évocatrices de Syrinx.

Une étrange et pâle prêtresse, Délaissant l’autel de Vénus, Apporte à la Bonne Déesse Les daturas et les lotus.

Car la blonde enlace la brune, Et les servantes d’Ashtaroth, Aux vêtements de clair de lune, Te narguent, Deus Sabaoth.

Les nonnes et les courtisanes, Mêlant la belladone au lys, Chantent les Te Deum profanes Et les joyeux De Profundis.

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CÉRÈS ÉLEUSINE · Renée VIVIEN · Poetry Cove