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1910

AUBE

Renée VIVIEN

Voici le matin clair… Mon âme ouvre les yeux. De ses nocturnes yeux ouverts, elle regarde… Avec une stupeur tragiquement hagarde, Redoutant la lumière évidente des cieux.

C’est l’heure que je crains, celle où s’ouvrent les yeux.C’est l’heure que je crains, celle où s’ouvrent les yeux. Vient-il donc m’apporter quelque douleur nouvelle,Vient-il donc m’apporter quelque douleur nouvelle, Ce matin dont m’atteint la première stupeur ?Ce matin dont m’atteint la première stupeur ? Je les referme en vain dans l’instant anxieux…Je les referme en vain dans l’instant anxieux…

Voici, j’ai trop ployé sous le poids du destin Pour ne point redouter l’inconnu de l’aurore. Dois-je donc m’éveiller ? Dois-je souffrir encore ?… Que vient-tu m’apporter, ô le nouveau matin ?

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