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1910

AMOUR

Renée VIVIEN

Mirage de la mer sous la lune, ô l’Amour ! Toi qui déçois, toi qui parais pour disparaître Et pour mentir et pour mourir et pour renaître, Toi qui crains le regard juste et sage du jour !

Toi qu’on nourrit de songe et de mélancolie, Inexplicable autant que le souffle du vent Et toujours inégal, injuste trop souvent, Je te crains à l’égal de ta sœur la folie !

Je te crains, je te hais et pourtant tu m’attires Puisque aussi le fatal est proche du divin. Voici qu’il m’est donné de te connaître enfin, Et je mourrais pour l’un de tes moindres sourires !

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