Skip to content
1904

AFTERGLOW

Renée VIVIEN

Je poursuis mon chemin vers le havre inconnu. Les Femmes de Désir ont blessé mon cœur nu. Obéissant au cri de leurs sourdes colères, Elles ont arraché mes prunelles trop claires.

Quand je m’épouvantais d’avoir perdu la foi, Elles ont ri de voir mes grimaces d’effroi. Des frivoles frissons de leur inquiétude Elles ont outragé l’ombre et la solitude,

Et, voyant que j’étais debout en mon orgueil, Elles ont déchiré mes vêtements de deuil. Sans crainte du Destin muet qui les contemple, Elles ont fait leur lit sous la voûte du Temple.

Je poursuis mon chemin vers le havre inconnu. Les Femmes de Désir ont blessé mon cœur nu… Entrelaçant pour moi les lys de la vallée, Les Femmes de Douceur m’ont enfin consolée.

Elles m’ont rapporté la ferveur et l’espoir Dans leur robe, pareille à la robe du soir. Elles ont délié l’amarre d’une jonque, Et j’écoute à leurs pieds des murmures de conque.

Nous allons, au hasard de la pagaie, Ailleurs… Et je sens ruisseler l’azur des jours meilleurs. Entrelaçant pour moi les lys de la vallée, Les Femmes de Douceur m’ont enfin consolée.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
AFTERGLOW · Renée VIVIEN · Poetry Cove