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1903

À LA DIVINITÉ INCONNUE

Renée VIVIEN

Ma Fée et ma Princesse aux paupières divines Habite les ruines. Elle aime les lointains, les crépuscules gris Et les chauves-souris.

Elle va, toujours lente et toujours solitaire, Se voilant de mystère. Elle a l’accablement des lys qui vont mourir, Les yeux du souvenir.

Doucement, elle frappe aux somnolentes portes Où s’attardent les Mortes. Elle écoute, le soir, hululer les hiboux Aux chants rares et doux.

Ma Fée et ma Princesse aux paupières divines Habite les ruines.

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