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1910

À L’ENNEMIE AIMÉE

Renée VIVIEN

Tes mains ont saccagé mes trésors les plus rares, Et mon cœur est captif entre tes mains barbares. Tu secouas au vent du nord tes longs cheveux Et j’ai dit aussitôt : Je veux ce que tu veux.

Mais je te hais pourtant d’être ainsi ton domaine, Ta serve… Mais je sens que ma révolte est vaine. Je te hais cependant d’avoir subi tes lois, D’avoir senti mon cœur près de ton cœur sournois…

Et parfois je regrette, en cette splendeur rare Qu’est pour moi ton amour, la liberté barbare…

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