Ah ! sûrement Vous allez rire. Je viens d’écrire A mon amant :
« Beau capitaine Sans foi ni loi, Tu cours sans moi La prétantaine.
« Et cependant, Joli Bobèche, On se dessèche En t’attendant.
« Vrai ! tout m’assomme ; Je ne veux rien Que toi, mon chien, Mon petit homme.
« J’ai pris le deuil. Adieu toilette ! Je vis seulette, La larme à l’œil.
« Crois-moi, je t’aime D’un amour pur ; Je suis, bien sûr, Toujours la même. »
Et puis, tenez, Sera-t-il aise ? Crac, je le baise Au bout du nez.
Dieu ! que c’est drôle ! Pauvre chrétien ! Ai-je assez bien Joué mon rôle ?
C’est trop d’ennui Qu’il ose dire Qu’on ne respire Qu’auprès de lui.
J’aime les hommes Pour m’en moquer ; Je veux croquer Toutes les pommes.
J’aime à changer, A l’aveuglette, Et la houlette Et le berger.
Qui cherche à plaire Me fait la cour. Vogue l’amour Sur la galère !
Quand l’églantier Rit et verdoie, Il fait la joie Du monde entier.
La rose s’ouvre ; Son cœur naissant Est au passant Qui la découvre.
Pauvre cadet ! Tra la la lère… Quelle colère S’il m’entendait !
« Morbleu, gredine, Assez juré ; Je te tuerai Avant qu’on dîne.
« Je suis à bout, Mauvaise bête ! » C’est la tempête. Il brise tout.
Mais je ne risque Pas un cheveu. Ah ! ah ! Quel jeu ! Et comme il bisque !
Ai-je rempli Toute la lettre ? Non, j’y veux mettre Mon cœur joli,
Mon cœur de blonde, En bel argent, Le plus changeant Qui soit au monde.
Et puis voilà Toute l’affaire ! Qu’il s’aille faire… Tra la la la !
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