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1890

I

Gabriel VICAIRE

Le jardin des églantines Où mon cœur chantait Matines, Le jardin s’est embrumé Où nous avons tant aimé ;

Adieu, visions si blanches Sur le vert doré des branches, Baisers plus vite envolés Que la caille dans les blés ;

Languissante, languissante, S’en va l’heure adolescente, Et dans la coupe des fleurs J’ai vu scintiller des pleurs.

Ô chercheuse d’aventures, Ô charme des créatures, Lumière aux flots radieux, As-tu déserté les cieux ?

Compatissantes étoiles, Chères sœurs, pourquoi ces voiles ? Quand vos flammes, ô couchants, Brûlent la mer et les champs,

Quelle peine vous rend tristes ? Qui pâlit vos améthystes, Crépuscules si légers Parmi les bois d’orangers ?

— Ah ! comment ne pas comprendre ? Cette amoureuse si tendre, Ce trésor de pureté, Cette idéale beauté,

Ce n’était que ta jeunesse ; Crois-tu donc qu’elle renaisse ?

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