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1892

Envoi

Gabriel VICAIRE

Quand je me trouvai tout à coup, L’autre soir, en face de Rose, Je ne fus pas ému beaucoup. Et pourtant cette bouche rose…

Ne rien dire eût été morose, Ne rien tenter, le fait d’un loup. Que demandai-je ? ‒ Oh ! pas grand’chose. Une fleurette, et voilà tout !

Hélas ! je n’ai pas grand bagout ; Je suis modeste… un peu pour cause. Philosopher n’est pas mon goût, Je n’entends rien au grandiose.

Quand je veux aller à Formose, Toujours je m’arrête à Saint-Cloud. Que me faut-il ? ‒ A peine éclose Une fleurette, et voilà tout !

Je ne serai pas marabout, Je ne verrai pas le Potose. Ma petite veine est à bout ; Il me faudrait écrire en prose,

Et c’est réservé, je suppose, Aux héritiers d’Edmond About. Toucher au laurier ? ‒ Non, je n’ose. Une fleurette, et voilà tout !

Je renonce à l’apothéose. Mais qu’on me donne, au soleil d’août, Pourvu qu’un papillon s’y pose, Une fleurette, et voilà tout !

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