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1892

Envoi

Gabriel VICAIRE

Des Muses, sur le mont Hymette, Je ne fus jamais nourrisson ; Pour Jeanne, Lise ou Guillemette Je chante clair comme pinson,

Et tout franc, voilà ma façon ! Si je marque une préférence, C’est pour la fillette au cresson. Je suis un oisillon de France.

Le berger des troupeaux d’Admète Ne m’aura pas pour échanson. Il me suffit qu’on me permette De voleter au vert buisson ;

J’annonce de loin la moisson, Je parle aux humbles d’espérance. Naïf, à peine polisson. Je suis un oisillon de France.

Mon cœur flambe comme allumette Pour qui veut me prendre à rançon. C’est la plus charmante flammette. J’ai, sur l’arbre de Robinson,

Dégoisé plus d’une chanson. Ma foi, vive l’intempérance, Le vin clairet, le saucisson ! Je suis un oisillon de France

Prince, écoutez un bon garçon, Très goûté d’Anatole France, Et retenez bien ma leçon : Je suis un oisillon de France.

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