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1892

Envoi

Gabriel VICAIRE

J’ai l’âme tendre et simplette Et ne suis pas trop fendant. Par le monde, à l’aveuglette, Humble, je m’en vais rôdant.

Nulle épate. ‒ Et cependant Si je pouvais être mage Comme le Sâr Péladan ! Pas moyen ? ‒ Ah ! c’est dommage !

Que ne suis-je Décadent ! Quand Rose est à sa toilette Elle plaît, c’est évident. Un bouton de violette ;

Oui, mais rien de transcendant. Je reste, en la regardant, Aussi sage qu’une image. Ah ! Dieu, le buisson ardent,

Papus, la Môme-Fromage ! Que ne suis-je décadent ! Pâturer sous la houlette Du gros berger de Médan,

Mieux vaudrait la ciboulette Qu’on mangeait au temps d’Adam. Quant au Parnasse, oh ! tordant ! Regardez-moi ce plumage.

Le bon vieux n’a qu’une dent, Et quelle voix, quel ramage ! Que ne suis-je décadent ! Prince, la fleur de cet âge,

Ô mirifique pédant ! Souriez à mon hommage. Que ne suis-je décadent !

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