J’ai l’âme tendre et simplette
Et ne suis pas trop fendant.
Par le monde, à l’aveuglette,
Humble, je m’en vais rôdant.
Nulle épate. ‒ Et cependant
Si je pouvais être mage
Comme le Sâr Péladan !
Pas moyen ? ‒ Ah ! c’est dommage !
Que ne suis-je Décadent !
Quand Rose est à sa toilette
Elle plaît, c’est évident.
Un bouton de violette ;
Oui, mais rien de transcendant.
Je reste, en la regardant,
Aussi sage qu’une image.
Ah ! Dieu, le buisson ardent,
Papus, la Môme-Fromage !
Que ne suis-je décadent !
Pâturer sous la houlette
Du gros berger de Médan,
Mieux vaudrait la ciboulette
Qu’on mangeait au temps d’Adam.
Quant au Parnasse, oh ! tordant !
Regardez-moi ce plumage.
Le bon vieux n’a qu’une dent,
Et quelle voix, quel ramage !
Que ne suis-je décadent !
Prince, la fleur de cet âge,
Ô mirifique pédant !
Souriez à mon hommage.
Que ne suis-je décadent !