Skip to content
1892

Envoi

Gabriel VICAIRE

Un soir de l’autre semaine Que j’étais presque éméché, Je vis la belle Germaine Triste comme le péché.

Oh ! ce que j’en fus touché ! « Qu’est-ce donc qui vous afflige Et pourquoi cet œil fâché ? ‒ Anatole me néglige.

‒ Mon Dieu ! quelle âme inhumaine, Anatole ! un débauché, Ou bien quelque énergumène ! ‒ Lui, c’est le parfait miché.

Jamais il n’a découché. ‒ Tu veux pas que je te bige ? ‒ Non, j’ai le cœur empêché ; Anatole me néglige.

‒ Alors c’est un phénomène, Il ne t’est guère attaché. ‒ Qu’y faire ? L’amour nous mène Quand on s’est amouraché.

‒ Qu’à son tour il soit lâché ! Calmez, calmez-vous, » lui dis-je. Elle a toujours pleurniché : « Anatole me néglige. »

Prince, si j’ai l’air penché Comme un lys blanc sur sa tige, N’en soyez effarouché : Anatole me néglige.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Envoi · Gabriel VICAIRE · Poetry Cove