Skip to content
1892

Envoi

Gabriel VICAIRE

J’ai beau, dès le petit matin, Mettre le nez à ma fenêtre… Personne à l’horizon lointain. Que la gloire est lente à paraître !

Bah ! Suis-je fait pour la connaître. Quelque jour je m’endormirai Comme Tityre au pied d’un hêtre… Quand on m’aura bien enterré !

J’y perds, ma foi, tout mon latin. Si ma route ainsi s’enchevêtre, C’est, bien sûr, la faute au destin. Et me voici presque un ancêtre.

Humble desservant, pauvre prêtre, Qui ne pouvais passer curé, Quel bon évêque je vais être Quand on m’aura bien enterré !

Pour le moindre petit trottin Mon cœur flamba comme salpêtre ; Je m’affolai d’un diablotin Qui plus d’un soir m’envoya paître.

On me trouvait par trop champêtre Et j’étais peu considéré. Que de cœurs dont je serai maître Quand on m’aura bien enterré !

Douce maîtresse au cœur si traître, Ô toi qui n’as jamais pleuré, Qui sait ? Tu m’aimeras peut-être Quand on m’aura bien enterré !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Envoi · Gabriel VICAIRE · Poetry Cove