J’ai beau, dès le petit matin,
Mettre le nez à ma fenêtre…
Personne à l’horizon lointain.
Que la gloire est lente à paraître !
Bah ! Suis-je fait pour la connaître.
Quelque jour je m’endormirai
Comme Tityre au pied d’un hêtre…
Quand on m’aura bien enterré !
J’y perds, ma foi, tout mon latin.
Si ma route ainsi s’enchevêtre,
C’est, bien sûr, la faute au destin.
Et me voici presque un ancêtre.
Humble desservant, pauvre prêtre,
Qui ne pouvais passer curé,
Quel bon évêque je vais être
Quand on m’aura bien enterré !
Pour le moindre petit trottin
Mon cœur flamba comme salpêtre ;
Je m’affolai d’un diablotin
Qui plus d’un soir m’envoya paître.
On me trouvait par trop champêtre
Et j’étais peu considéré.
Que de cœurs dont je serai maître
Quand on m’aura bien enterré !
Douce maîtresse au cœur si traître,
Ô toi qui n’as jamais pleuré,
Qui sait ? Tu m’aimeras peut-être
Quand on m’aura bien enterré !