Une rose à son bavolet,
Quelques lilas emmi la tresse,
La dame du Rossignolet
Vient d’arriver à Bourg-en-Bresse,
Et soudain, sans qu’il y paraisse,
Tout fleurit. Il n’est cœur si las
Qui ne se rouvre à la tendresse.
Vive la Rose et le Lilas !
« Dame, écoutez votre valet,
Souffrez un peu qu’on vous caresse, »
Dit Gaspard, le beau marjolet,
A Marion qui se redresse.
Et Lise n’est plus si tigresse.
Elle a vu le grand Nicolas ;
Son air de langueur l’intéresse.
Vive la Rose et le Lilas !
Jeannot qui s’en allait seulet,
Tout pleurant, le cœur en détresse,
Joue aujourd’hui du flageolet
En l’honneur de l’enchanteresse.
Diantre ! C’est l’heure d’allégresse.
Voici le moment des galas
Et des propos de haute graisse ;
Vive la Rose et le Lilas !
Qu’on m’aille quérir ma maîtresse ;
Et pas besoin de falbalas.
Dites-lui surtout que ça presse.
Vive la Rose et le Lilas !