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1892

Envoi

Gabriel VICAIRE

Au long des sentiers fleuris, Avec ma petite muse, J’aime aller loin de Paris Essayer ma cornemuse.

Je paresse, flâne et muse, Bavardant, philosophant, La moindre chose m’amuse. Le poète est un enfant.

Que vaudrait aux colibris D’avoir la science infuse ? Nul besoin, pour être gris, De vieux vin de Syracuse.

Si l’on veut que j’arquebuse Ou sonne de l’olifant, Non, messieurs ; je me récuse. Le poète est un enfant.

Mais quel est ce malappris ? Ce monstre à face camuse, Qui me lorgne avec mépris ? Le monde ? ‒ Ah bah ! Je l’excuse.

J’aime à voir ses yeux de buse, Ses larges pieds d’éléphant ; Je ris de sa grosse ruse. Le poète est un enfant.

Prince, si je ne m’abuse, Béhémoth est triomphant. Allons quand même à Vaucluse. Le poète est un enfant.

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