Qu’avez-vous, dites-moi, Beau page de la reine ? Qu’avez-vous, dites-moi, Gentil menin du roi ?
Madame a les yeux doux Et vous portez sa traîne, Madame a les yeux doux : Pourquoi donc pleurez-vous ?
— Hélas ! je ne suis rien Qu’un enfant qui soupire ; Hélas ! je ne suis rien, L’amour est tout mon bien.
Si je n’aimais pas tant, Comme il ferait bon rire ! Si je n’aimais pas tant, J’aurais le cœur content.
— Madame a dans les yeux Le bleu de la pervenche, Madame a dans les yeux Quelque chose des deux.
Madame entre ses doigts Tient une rose blanche, Madame entre ses doigts Tient la rose des bois,
Et ses cheveux dorés Comme la fraîche aurore, Et ses cheveux dorés Ont la senteur des prés.
— Ah ! plutôt des lilas, J’en pleurerais encore, Ah ! plutôt des lilas, Mais ne m’en parlez pas.
— Bah ! souriez un peu, Beau page de la reine ; Bah ! souriez un peu, Beau page rose et bleu.
— Non, j’ai trop écouté Le chant de la sirène ; Non, j’ai trop écouté Le rossignol d’été.
Entre les deux sentiers Qui vont à la rivière, Entre les deux sentiers Recouverts d’églantiers,
Du côté du Levant, Dans une chènevière, Du côté du Levant, Est un petit couvent.
C’est l’a que bien caché Au fond d’une cellule, C’est là que bien caché, J’expierai mon péché.
Mais lorsque tendrement Viendra le crépuscule, Mais lorsque tendrement Luira le firmament,
Du haut de la grand’tour Qui regarde la plaine, Du haut de la grand’tour, J’épierai ton retour,
Ô mon royal trésor, Ma blonde châtelaine, Ô mon royal trésor, Ma reine aux cheveux d’or.
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