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1885

Bal décadent

Gabriel VICAIRE

C'était une danse De la décadence. Comme un menuet Dolemment fluet.

C'était des chloroses Et c'était des roses. On ne sautait pas, On allait au pas.

Mais les girandoles Étaient presque folles. Les lustres flambaient Et les seins tombaient.

Dans ce flux de monde, Je vis une blonde, Aux yeux culottés Par les voluptés,

En ses airs de morte, Une vraie Eau-forte. Ange mal bâti, Gamin perverti,

Lune blêmissante Et concupiscente, Fleur d'opoponax, Souvenir d'Anthrax,

Blafarde et vermeille. Très jeune et très vieille, Elle souriait, Et m'extasiait :

«Article Paris, Ta poudre de riz D'une éteinte flamme M'auréole l'âme.

Si tes yeux sont verts, Mon cœur est pervers. Ta désespérance, Oh ! quelle attirance !

Laisse-moi t'aimer, et me consumer !» Je dis et m'élance. Mais, motus, silence !

Faut pas s'emballer… Voici s'en aller Toute mon essence, En déliquescence !!

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