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1870

L'ALARME ET LE COMBAT

Louis-Lucien VERMEIL

On entend le tocsin, ô mon Dieu ! que d'alarmes ! Les femmes, les enfants sont déjà tout en larmes ; C'est l'incendie, hélas ! c'est aussi la terreur ; C'est le bombardement et ses scènes d'horreur.

Que vois-je ? un prisonnier conduit à coups de crosse Par un soldat brutal, à l’œil dur et féroce ! Ailleurs, loin du chemin, que de pauvres blessés ! Ah ! peut-on si longtemps les avoir délaissés ?

Comment les secourir ? — Voici l'artillerie Qui jette en cet endroit ses boulets en furie !… J'entends la mitrailleuse et son déchirement Qui vient semer la mort sur tout un régiment.

Dans ce jour de combat, quelle horrible mêlée ! Sur la terre sanglante, humide, désolée, C'est un obus qui tombe et lance ses éclats Au sein d'un bataillon, renversant les soldats !…

Puis le hennissement du coursier qui tressaille ; Puis le vacarme affreux d'une grande bataille : Une grêle de plomb, une trombe de fer, Que l'on dirait sortir du gouffre de l'enfer !

Et l'on pleure à la ville, on pleure à la chaumière : Leurs yeux se sont fermés à la douce lumière ; Le fils de l'artisan, le fils du moissonneur, Sont tombés côte à côte au poste de l'honneur !

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