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1891

XXVI

Paul-Marie Verlaine

Ces vers durent être faits, Cet aveu fut nécessaire, Témoignant d’un cœur sincère Et tout bon ou tout mauvais.

Mauvais, oui, méchant, nenni. La sensualité seule, Chair folle, lombes et gueule, Trouble son désir béni.

Beauté des corps et des yeux, Parfums, régals, les ivresses, Les caresses, les paresses, Barraient seuls la route aux cieux.

Est-ce fini ? Tu l’assures, Sorte de pressentiment D’un final apaisement, Divin panseur de blessures,

Humain rémunérateur Des mérites si minimes, Arbitre des légitimes Élans devers la hauteur

Du devoir enfin visible, Après tout ce dur chemin, Divine âme, cœur humain, Céleste et terrestre cible !

Ô mon Dieu, voyez mes vœux, Oyez mes cris de faiblesse, Donnez-moi toute simplesse Pour vouloir ce que je veux.

Alors seront effacées À vos yeux inoffensés, Avec mes torts confessés, Ces lignes si peu pensées.

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