Skip to content
1891

XXIX

Paul-Marie Verlaine

L'autel bas s'orne de hautes mauves, La chasuble blanche est toute en fleurs, A travers les pâles vitraux jaunes Le soleil se répand comme un fleuve ;

On chante au graduel : FI-LI-A ! D'une voix si lentement joyeuse Qu'il faudrait croire que c'est l'extase D'à-jamais voir la Reine des cieux ;

Le sermon du tremblotant vicaire Est gentil plus que par un dimanche, Qui dit que pour s'élever dans l'air Faut être humble et de foi cordiale ;

Il ajoute, le cher vieux bonhomme, Que la gloire ultime est réservée, Sur tous ceux qui vivent dans la pompe Aux pauvres d'esprit et de monnaie ;

On sort de l'église, après les vêpres, Pour la procession si touchante Qui a nom : du Voeu de Louis Treize : C'est le cas de prier pour la France.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
XXIX · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove