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1893

XVIII

Paul-Marie Verlaine

O toi triomphante sur deux « Rivales » (pour dire en haut style), Tu fus ironique ; – elles… feues – Et n’employas d’effort subtil

Que juste assez pour que tu fus – Ses encor mieux, grâce à cet us Qu’as de me plaire sans complaire Plus qu’il ne faut à mes caprices.

Or je te viens jouer un air Tout parfumé d’ambre et d’iris, Bien qu’ayant en horreur triplice Tout parfum hostile ou complice,

Sauf la seule odeur de toi, frais Et chaud effluve, vent de mer Et vent, sous le soleil, de prées Non sans quelque saveur amère

Pour saler et poivrer ainsi Qu’il est urgent, mon cœur transi, Mon cœur, mais non pas ma bravoure En fait d’amour ! Tu ressuscite-

Rais un défunt, le bandant pour Le déduit dont Vénus dit : Sit ! Oui, mon cœur encore il pantèle Du combat court, mais de peur telle !

Peur de te perdre si le sort. Des armes eût trahi tes coups. Peur encor de toi, peur encore De tant de boudes et de moues.

Quant aux deux autres, ô là là ! Guère n’y pensais, t’étais là. Iris, ambre, ainsi j’annonçai – Ma mémoire est bonne – ces vers

A ta victoire fière et gaie Sur tes rivales somnifères. Mais que n’ont-ils le don si cher, Si pur ? Fleurer comme ta chair !

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XVIII · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove