Hélas ! je crains fort pour nous deux Avec nos fichus caractères, Des avalanches, des cratères Mieux que fous, pis que hasardeux.
Un zeste de raison nous reste Pour prévoir et, par conséquent, Pour aimer et chercher le qu’en- Dira-t-on, et : zut pour ce zeste !
Grasseye en gamin de Paris Ce notre caprice moins bête Encor que méchant quoique honnête, Et qui fait tout de nos esprits.
Soit, plus de bride, à l’aventure. Liberté, libertas, et, sans Davantage ennuyer nos sens De réserves contre nature,
Allons-y d’une noce en tout, L’amour, l’ivresse et tous les vices Amusants, et tous les sévices, Rendons-nous-les dès mis en goût.
Tous les services aussi, folles Caresses et coups bien tapés, Défonçons tous les canapés. Toutes les querelles frivoles
Et cruelles, payons-nous-les ! Bécotons-nous, puis tue, assomme ! Montre-toi femme, je suis homme, Griffe, je cogne. O pleurs salés,
Cris, jurons ! et ô tendres plaintes, Sueurs dives, salives bien !… Or, mettant, du tien et du mien, L’un dans l’autre sans plus de craintes
D’en mal finir, lâche souci, Bah, vivons tels quels, car le pire, Pour moi du moins, serait de dire Un jour : elle n’est plus ici !
Si l’on doit vivre mal ensemble, Et bien, vivons mal ensemble, ou Mourons ensemble, car, seul, où, Comment vivre sans toi ? J’en tremble.
Ainsi, sur mon lit d’hôpital Je m’agite en propos stériles. Là ! mes rêves, dormez tranquilles, Elle va venir, c’est fatal,
C’est écrit, c’est la destinée ! – Et, comme elle est toute bonté, La voici dans sa majesté De reine mienne ramenée.
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