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1894

XV

Paul-Marie Verlaine

Quand tu me lis une histoire Empruntée aux « Faits Divers », Je me refuse à la croire – Le monde est-il si pervers ?

Les gens sont-ils si sublimes ? (J’en conviens, moins fréquemment) Tu lis ou plutôt tu limes Et ce m’est un agrément

Alors qu’à mon tour je lime, En travail d’un vers subtil, D’ouïr, marquant mètre et rime, Ce martellement gentil,

Et puis encor ce que j’aime Dans ces récits fabuleux C’est d’être fabuleux même, Contes noirs ou contes bleus.

C’est ainsi que sous la lampe Passent les heures du soir… La nuit s’est faite : je rampe Me coucher, las de m’asseoir.

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XV · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove